Sara Omar
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Dans le cadre du Festival des Boréales et de l’initiative Normandie pour la Paix, Sara Omar s’est rendue à l'Abbaye aux Dames de Caen, le 19 novembre 2021, pour parler de son livre La Laveuse de mort et de sa propre histoire.

Un temps fort qui a été ouvert par des invités de renom : Aminthe Renouf, conseillère régionale de la Région Normandie, Patrick Nicolle, président de Normandie Livre & Lecture et conseiller municipal à la ville de Caen, Michael Starbaek Christensen, ambassadeur du Danemark en France et Philippe Court, préfet du Calvados.

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La Laveuse de mort, un condensé de vécus

La Laveuse de mort livre l’histoire d’une enfant, Frmesk, élevée par ses grands-parents, qui dès son plus jeune âge, est confrontée à la situation des femmes dans un Kurdistan frappé par la guerre. Le parallèle avec Sara Omar est frappant : elle est aussi kurde (d’Irak), a grandi dans la guerre avant de se réfugier au Danemark et elle a aussi fait face aux injustices du fait d’être une femme.

Frmesk, c’est aussi l’histoire de nombreux enfants et femmes que l’écrivaine a rencontré tout au long de sa vie et qui l’ont inspiré. « Frmesk existe partout. Ce qui est important, c’est que dans la vie de cette femme, il y a de l’amour, mais il y a aussi de l’injustice. » Une injustice qui pousse l’autrice à agir.

Interrogée sur les personnages des grands parents, l’écrivaine dévoile avoir souhaité faire un focus sur l’amour au cœur de cette thématique violente. Les deux personnages sont courageux et protègent Frmesk tout en tenant des points de vue très différents.

 

Sara Omar et sa « littérature de combat »

« Je suis là pour le combat des Hommes, des êtres humains, des femmes. » déclare-t-elle. Son engagement, à la fois dans le monde associatif mais aussi à travers son livre, est avant tout porté sur l’injustice et la cause des femmes.

L’écrivaine est revenue lors de cet événement sur ses études de Sciences Politiques sur lesquelles elle s’est appuyée pour comprendre la politique et les droits humains. Comprendre la politique, c’est avant tout un outil pour les messages qu’elle porte à l’écrit. Elle estime que les connaissances sont essentielles pour protéger les femmes et les droits de tous.

« Ma plume est libre, j’écris pour le peuple. On doit se battre pour la justice. Moi, je me bats dans la littérature. »

Elle dénonce aussi la censure et les menaces de mort faites auprès des artistes, des intellectuels et des écrivains. En publiant son roman, Sara Omar a accepté le danger que cela induisait : elle est aujourd’hui sous protection après plusieurs fatwas.

« Quand on a la liberté d’expression, on a aussi la responsabilité de ce que l’on dit. »

 

Une vie hors du silence

Alors qu’elle ne souhaitait plus vivre, écrire son histoire et celle des autres l’a sauvée.  « J’ai choisi la vie et j’ai choisi la littérature » confie-t-elle. Elle connaissait les conséquences mais a souhaité cette vie hors du silence.

Un livre qui n’a pas impacté que l’écrivaine puisque les réactions à sa publication ont été nombreuses : négatives bien sûr (insultes, négation de ces problématiques et même fatwas) mais surtout, positives avec le courage de toutes ces personnes qui ont su sortir du silence pour livrer leur histoire à l’écrivaine.

 

Une suite à La Laveuse de mort

Ce premier roman aura bien une suite et même deux. Le second tome portera à la fois sur la vie de Frmesk en tant qu’enfant, mais aussi en tant qu’adulte. De nouvelles thématiques qui seront poursuivies dans un tome 3, lui aussi à venir.

 

Sara Omar

 

La Laveuse de mort est un roman publié par Actes Sud (2020) et traduit du danois par Macha Dathi.

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