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Vendredi 14 et samedi 15 février, 24 jeunes de 15 à 25 ans provenant de Normandie, des autres régions de France et du monde entier, se réunissent pour étudier les 167 personnes ou organisations soumises via l’appel à proposition « Notre Prix Liberté 2020 », délibérer et sélectionner les trois finalistes du Prix Liberté 2020. Rencontre avec Emmanuel Davidenkoff, le président du jury international.
Prix Liberté

Ouvert aux jeunes du monde entier, le Prix Liberté est un dispositif de sensibilisation des 15-25 ans à la liberté, à la paix et aux droits de l’Homme. En quoi est-ce important pour vous de participer à un tel projet ?

 

Un des fils rouges de ma vie de journaliste a été de donner la parole aux jeunes ou de créer des dispositifs qui leur permettent de la prendre. L’apprentissage de la citoyenneté ne se forge pas seulement en suivant des cours sur les institutions ou en découvrant la « morale civique ». Il doit, le plus possible, s’incarner par des engagements qui ont un impact - quelle qu’en soit l’échelle. Je suis donc impatient et curieux de participer aux travaux de ces jeunes venus du monde entier. Ce que j’ai vu de la première édition montre leurs formidables maturité et intelligence.

 

13 nationalités sont représentées au sein de ce jury. Que peut apporter cette diversité dans les délibérations ?

 

L’idée, essentielle, que certaines valeurs existent au-delà des différences d’origine et de lieu de vie. La survie, dans un monde troublé, de quelques repères universels. Le simple fait que des jeunes de 13 pays se mettent d’accord sur une définition commune de la liberté revient à allumer une petite lumière dans une époque où les obscurantismes semblent progresser. Cette lumière est également porteuse d’espoir. J’ajouterai qu’il n’est pas neutre que ce prix soit organisé par une région qui a souffert dans sa chair pour que la liberté l’emporte sur la barbarie.

 

Le jury que vous présidez va devoir étudier 167 profils reçus suite à l’appel à propositions « Notre Prix Liberté 2020 » et sélectionner 3 finalistes. Comment appréhendez-vous cela ?

 

Avec un immense respect pour les membres du jury ! C’est à eux qu’il revient de définir les critères, puis de bâtir des argumentations. L’exercice est redoutable.

 

En tant que président du jury, que souhaitez-vous apporter au 24 jeunes membres du jury pendant ces délibérations ?

 

Le métier que j’exerce depuis trente ans - journaliste - est concerné à plusieurs titres par la notion de liberté. Liberté d’expression, contribution à une vie démocratique éclairée, lutte contre les « fausses nouvelles »... Mais cette liberté ne s’exprime pas n’importe comment. Elle est encadrée par des lois, par un corpus déontologique... Je serai ravi, s’ils le souhaitent, d’échanger avec eux sur cela. Un deuxième apport possible est plus technique : le journalisme enseigne des moyens d’accéder à une information fiable ; certains de ces moyens peuvent être mis en œuvre pour évaluer ce qu’entreprennent les personnes ou organismes retenus pour le prix.

Enfin, avec l’équipe qui a conçu et anime le prix, j’espère contribuer utilement à la maïeutique qui permettra de faire émerger les finalistes.

 



Emmanuel Davidenkoff est rédacteur en chef au Monde, où il coordonne à la fois la rubrique Campus et les activités de diversification éditoriale (O21 - s’Orienter au 21e siècle, Le Monde Cities, etc.).

Longtemps spécialiste des questions d’éducation, il a couvert ce secteur dans la presse généraliste (Libération) et spécialisée (Phosphore, l’Etudiant dont il a été directeur de la rédaction…) et à la radio (20 ans de chroniques sur France Info). Il a publié plusieurs ouvrages dont "Réveille-toi, Jules Ferry, ils sont devenus fous" (Oh ! Editions, 2006) et "Le tsunami numérique" (Stock, 2014).

Il est également président du Labo des histoires, association 1901 qui propose des ateliers d’écriture aux jeunes, notamment issus de zones défavorisées, dans une dizaine de régions dont la Normandie.

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